Bien que le terme neuroéducation découle du très officiel rapport de l'OCDE (oublié en 2007) intitulé : "comprendre le cerveau : naissance d'une science de l'apprentissage", l'appelation de cette branche des sciences cognitives, suscite 20 ans après sa naissance auprès des interlocuteurs qui en entendent parler : soit un intérêt sincère et un souhait de l'intégrer aux habitudes pédagogiques déjà en place dans leurs structures, soit une gêne voire une méfiance, souvent issue d'une méconnaissance, de confusions, ou d'expériences malheureuses avec des formations qui se paraient de ce terme mais ne semblaient pas faire preuve de l'esquisse d'un progrès dans le domaine de l'apprentissage. Alors petite revue de ce qu'est la neuroéducation est et de ce qu'elle n'est pas ... !
Le rapport de l'OCDE publié en 2007, naissance officielle de la neuroéducation (à télécharger en cliquant sur l'image)
La plasticité cérébrale
par France-Info
Objection courante n°1 : "La neuroéducation, c’est une mode, non ?"
Réponse :
• la neuroéducation est une discipline scientifique reconnue. L’OCDE en parle depuis 2007 dans son rapportci-contre.
• Le Conseil scientifique de l’Éducation nationale (CSEN) en France a publié des recommandations basées sur les neurosciences (ex : la répétition espacée, la métacognition).
• Des universités comme Paris ou Bordeaux ont des laboratoires dédiés (ex : LaPsyDÉ).
Concrètement, les outills proposés par la neuroéducation sont des outils validés par la recherche pour aider les apprenants à mieux comprendre comment ils apprennent.
Objection courante n°3 : " Nous n'avons pas le budget pour former nos équipes à ça."
Réponse :
Justement, les modules sont conçus pour être clés en main :
- Pas besoin de former vos équipes : Nous pouvons animer les ateliers ou former un référent interne en 2 jours.
- Coût maîtrisé : Les tarifs sont alignés sur ceux des formateurs classiques (ex : ~50-70€/h pour un atelier).
- Financements possibles : Ces modules peuvent être éligibles au CPF ou financés par Pôle Emploi/OPCO (ex : dans le cadre de la reconversion).
Exemple : Le GRETA de Nancy a intégré mes modules sans surcoût, en les financant via des appels à projets régionaux."
Objection courante n°5 : "Tout ça, c'est du jargon et de l'académisme"
Réponse :
Si l'approche est perçue comme trop descendante, théorique ou médicale (parler de "plasticité cérébrale", "charge cognitive", "structures neuronales"), les recruteurs peuvent effectivement redouter que le formateur soit déconnecté de la réalité brute du public. Ils ont besoin de savoir si la méthode fonctionne concrètement avec un adulte en reconversion qui n'a pas ouvert un livre depuis 20 ans, et non pas seulement en laboratoire.
Il suffit alors de demander à Neurosup de proposer un atelier gratuit (sur n'importe quel thème choisi) pour voir à quel point les partiques sont ad hoc avec les besoins et que le taux de satisfaction est élevé à la fin de cet atelier.
Objection courante n°7 : "La peur de la complexification de l'ingénierie"
Réponse :
Développer une culture globale de la neuroéducation au sein d'un centre implique de repenser les rythmes, les modalités d'évaluation et les supports de formation.
Pour les managers de centres de formation, cela peut être perçu comme une contrainte organisationnelle lourde à gérer (ex: "Est-ce que cela va demander de reformater tous nos parcours existants ?", "Est-ce conforme aux grilles de certification rigides imposées par France Compétences ou les branches professionnelles ?").
Le programme Neurosup est le fruit de nombreuses années d'expérimentation sur le terrain (15 000 adultes formés).
Il a traduit les concepts scientifiques en bénéfices opérationnels : pour exemple, la réduction du taux d'abandon des stagiaires ou l'amélioration du taux de réussite aux examens
Objection courante n°2 : "Nos apprenants ont besoin de concret, pas de théorie sur le cerveau."
Réponse :
• Justement, la neuroéducation n’est pas de la théorie, mais une boîte à outils pratique :
Elle travaille notamment sur l’attention et la motivation via des exercices de recentrage (ex : la technique Pomodoro adaptée).
Elle utilise utilise la répétition espacée pour mémoriser plus efficacement .
Ellle apprend à gérer le stress avec des techniques de respiration et de priorisation.
Résultat : Vos apprenants agissent différemment, pas seulement ‘savent’ différemment."
Objection 4 : "C’est du charlatanisme, comme le ‘brain gym’."
Réponse :
Il y a effectivement des dérives, comme le ‘brain gym’ ou certaines méthodes non scientifiques (type cerveau droit-cerveau gauche, styles d'apprentissage varki, PNL, etc.) et qui se réclament à tort de la neuroéducation. La démarche de Neurosup, validée par les neuroscientifiques professionnels est radicalement différente :
Elle prend garde de ne pas vouloir interpréter tel ou tel résultat obtenu scientifiquement mais de trouver des "ponts" stratégiques (souvent connus de manière empirique) entre ces avancées et la réalité du terrain.
Objection courante n°6 : "La perception d'une vision "individualiste" ou "biologique" de l'échec
Réponse :
La sociologie de la formation professionnelle (très forte dans les institutions publiques) met souvent l'accent sur les facteurs sociaux, économiques et environnementaux pour expliquer les difficultés d'apprentissage (précarité, illetrisme, parcours de vie difficile).
Il existe parfois une méfiance idéologique envers les neurosciences, accusées à tort de vouloir tout expliquer par le fonctionnement biologique du cerveau. Certains professionnels craignent que cela occulte les freins périphériques à la formation (problèmes de garde d'enfants, de transport, barrières sociales) en ramenant tout à une simple mécanique cérébrale individuelle.
Or, c'est justement le contraire ! En désignant constamment la plasticité cérébrale que nous possédons tous (en fonction des stimulation srencontrées au cours d'une journée, nous n'avons pas le même cerveau aujourd'hui qu'hier, etc., et cela jusqu'au bout de notre vie. 95% des connexions neuronales de chaque personne se font après la naissance et durant toute sa vie. C'est donc la fin du "fatalisme" et du "déterminisme biologique" (hérité de la naissance) ! Toute vie devient possible (et ceci est désormais prouvé par de simples IRM !)
Les 10 "neuromythes" qui ont fait (ou font encore) le plus de mal au sérieux de la neuroéducation
Même Luc Besson avoue qu'il s'est servi d'un neuromythe ("on n'utilise pas 100% de son cerveau" pour son film Lucy tout simplement parce que ... cette énorme erreur faisait quand même un sacré bon scénario !
La preuve : au JT de France 2
Qu'est-ce qu'un neuromythe ?
Les neuromythes sont des croyances erronées sur le fonctionnement du cerveau humain. En raison des simplifications apportées par les médias, des motifs politiques et commerciaux, et de la hâte des chercheurs à publier des résultats tape-à-l’œil, les gens acceptent une notion erronée, incomplète ou préliminaire comme une révélation novatrice. Bien que la plupart de ces mythes soient finalement réfutés, ils ont généralement pris racine dans l’esprit des gens avant que cela n’arrive.
1. « Nous n’utilisons que 10% de notre cerveau »
Ce mythe renvoie à l’idée erronée que nous n’utilisons qu’une fraction de notre cerveau, sous-exploitant ainsi son potentiel. Son origine prendrait sources aux premières études sur le cerveau réalisées dans les années 1930. L’équipement pour mesurer cette conception, qui n’était pas assez sensible à l’époque, a révélé certaines zones cérébrales «silencieuses», donnant l’impression que notre cerveau n’était que partiellement utilisé. Une autre thèse avance que la description du cerveau comme la somme de domaines hautement spécialisés a amené les gens à croire qu’un seul de ces domaines pourrait fonctionner à la fois. Apparemment, Einstein aurait prétendu qu’il n’utilisait que 10% de son cerveau. L’imagerie cérébrale moderne pourrait également contribuer à ce mythe, en suggérant que seules les régions montrant des couleurs fonctionnent, alors qu’en réalité, elles présentent simplement une activité plus élevée par rapport au reste du cerveau.
En fait, la neuro-imagerie montre qu’à tout moment, nous utilisons un grand nombre de zones interconnectées des deux hémisphères du cerveau. Nous utilisons tout notre cerveau, même pendant les inactivités les plus fondamentales, et même pendant notre sommeil. Son potentiel se développe grâce à la plasticité cérébrale, se référant à la capacité du cerveau à changer à tout âge — pour le meilleur ou pour le pire.
2. « Nous sommes cerveau droit ou cerveau gauche»
On nous dit souvent que les gens créatifs ont un «cerveau droit», tandis que les gens rationnels sont davantage axés sur le «cerveau gauche». L’idée que nous utiliserions un hémisphère du cerveau plus que l’autre est basée sur … rien. Le test en ligne impliquant la danseuse tournante pour identifier ce profil imaginaire montre en fait une propriété complètement indépendante du cerveau humain. C’est ce qu’on appelle la perception bistable d’un stimulus ambigu. La scène visuelle de la danseuse peut donner lieu à deux interprétations (tournant d’un côté ou de l’autre). Le cerveau choisit d’abord une perception, avant de passer à l’autre après un certain temps.
Cette croyance erronée est basée sur le fait qu’il existe une spécialisation hémisphérique relative, c’est-à-dire que les deux moitiés du cerveau ne font pas exactement la même chose. Cette asymétrie n’a rien à voir avec la personnalité. L’hémisphère gauche, par exemple, abrite les principales fonctions de la parole (chez les droitiers). L’hémisphère droit est mieux équipé pour la vision en profondeur. Cependant, la plupart des tâches que nous effectuons nécessitent une collaboration des deux hémisphères. Ils sont liés par un chemin de communication massif appelé le “corps calleux”. Que nous cherchions à penser ou à créer, les deux moitiés de notre cerveau travaillent ensemble, tout le temps.
Ce mythe a permis à une génération de consultants en RH et en développement personnel de surfer sur une incroyable vague de publications et de séminaires depuis les années 1990 jusqu’en 2000.
3. « Tout se joue dans la petite enfance pour apprendre »
Selon cette croyance erronée, il est essentiel d’apprendre de nombreuses choses spécifiques avant un certain âge, parce que vous aurez de grandes difficultés à le faire plus tard, ou vous ne serez plus capable de le faire du tout. «Tout se passe entre 3 et 6 ans», c’est ce que ce mythe voudrait vous faire croire.
La plasticité neuronale, ou la capacité du cerveau à se remodeler, est plus intense au début de la vie, ce qui explique pourquoi les enfants apprennent si rapidement. Les périodes optimales d’apprentissage sont alors appelées «sensibles» ou «critiques». L’apprentissage est définitivement possible par la suite, cela prendra simplement plus de temps et sera plus difficile. L’homme est neurologiquement programmé pour apprendre toute sa vie, et cela est vrai même au plus ancien des âges.
4. « Il existe trois styles d’apprentissage »
Ce mythe prétend que chaque apprenant aurait un style d’apprentissage privilégié : visuel, auditif ou kinesthésique. En réalité, ces préférences, quand elles s’expriment, sont de simples habitudes de travail. La science démontre que s’y conformer n’apporte aucun bénéfice.
Nous sommes avant tout des êtres visuels quelle que soit notre préférence éventuelle. Il est démontré qu’associer une image à une explication facilite l’apprentissage chez tous. Multiplier les modalités sensorielles facilite attention et mémorisation chez tous les apprenants.
5. « Écouter Mozart rend intelligent »
Ce mythe est basé sur un «bug» scientifique. En 1973, des chercheurs américains publiaient dans la prestigieuse revue Nature des résultats révélant un gain de QI à la suite de l’écoute d’une sonate de Mozart. Dans cette étude, trois groupes d’adultes étaient soumis à des tests cognitifs du QI avant et après avoir écouté soit Mozart, soit une musique relaxante, soit rien. Le groupe «Mozart» montrait un gain très limité sur des capacités de raisonnement dans l’espace. Cet effet ne durait que quelques minutes ; les autres tests ne montraient rien. Bien que très préliminaire, ce résultat fit le tour du monde.
Il fallut plus de quinze ans pour se rendre à l’évidence : bien que rigoureuse, l’étude initiale avait donné un résultat erroné. Mais pendant ce temps, la légende s’était répandue. Des produits «effet Mozart» inondaient le marché éducatif mondial en prétendant développer l’intelligence des jeunes enfants mêmes jusque dans le ventre de leur mère. Il est à noter que l’étude, elle, se limitait strictement à l’adulte. Si «l’effet Mozart» se révèle un flop scientifique, des travaux de recherche récents suggèrent qu’étudier la musique dans l’enfance est favorable pour la cognition (White-Schwoch, 2013).
6: « La Brain Gym® favorise l’apprentissage »
Le programme Brain Gym® prétend faciliter le transfert de l’information entre les deux moitiés du cerveau par une série d’exercices. Il propose par exemple de respirer par la narine gauche pour stimuler le côté droit du cerveau, ce qui n’a aucune base scientifique.
Créée par un enseignant britannique et vendue dans quatre-vingts pays, cette méthode se réclame à tort des neurosciences. Malgré des campagnes scientifiques la réfutant, elle continue de séduire les éducateurs dans de nombreux pays.
S’il est démontré que l’exercice physique, quel qu’il soit, est bon pour le cerveau, le programme Brain Gym® est unaniment condamné par les scientifiques.
7. «Le cerveau (des femmes/des heunes) est multitâches»
L’on dit souvent que les femmes ou les jeunes générations sont plus douées pour les activités multitâches. La réponse des scientifiques à la question «Sont-ils plus productifs en réalisant plusieurs tâches à la fois ?» est catégorique : non. Au contraire, cumuler les tâches en parallèle met le cerveau en difficulté. C’est notamment la raison pour laquelle il est interdit de téléphoner quand on est au volant.
Le seul cas où une double tâche est possible est quand l’une d’entre elles est totalement automatisée, comme marcher en parlant. Même dans ce cas, il suffit d’un imprévu pour que l’activité automatique s’interrompe. Notre cerveau est beaucoup plus efficace quand il réalise une tâche à la fois, peu importe l’âge et le sexe.
8. « Hommes et femmes ont des intelligences très différentes »
On entend souvent dire que les hommes et les femmes n’ont pas la même intelligence, et notamment que les hommmes seraient plus doués en mathématiques. Qu’en est-il ? Anatomiquement, le cerveau de l’homme est plus volumineux et plus lourd que celui de la femme. Il existe aussi des différences fonctionnelles : l’air du langage, par exemple, apparaît plus active chez les femmes. L’imprégnation hormonale du cerveau n’est pas la même puisque les hormones sexuelles y circulent. Aucun lien n’a été établi entre ces variations et d’éventuelles différences de fonctionnement cognitif.
Si certains rapports ont suggéré par le passé une supériorité des garçons sur les filles en mathématiques, d’autres plus récentes les remettent en question. Une étude portant sur 86 pays a montré que la différence, quand elle existe, est faible et davantage imputable aux facteurs sociaux qu’au genre. Par ailleurs, une méta-analyse révèle que les filles auraient de meilleurs résultats scolaires quelle que soit la matière, et ce depuis un siècle.
Si l’on constate dans le cerveau des différences biologiques liées au sexe, leur signification n’est pas établie. En particulier, l’intelligence des hommes et des femmes reste tout à fait comparable.
9. « Les jeux vidéo de brain training sont efficaces »
Les jeux vidéos d’entraînement du cerveau appelés brain training sont très populaires aux États-Unis. Sont-ils efficaces pour améliorer durablement les fonctions cognitives ? De nombreuses études cherchent à répondre à cette question. À ce jour, les résultats sont décevants. Un collectif de scientifiques s’est même mobilisé aux États-Unis pour les dénoncer auprès des consommateurs.
Une vaste étude publiée dans Nature a analysé l’effet comparé de trois entraînements sur 11 430 sujets adultes :
- soit recevoir un entraînement vidéo de type brain training ;
- soit recevoir un antraînement classique au raisonnement et à la résolution de problème ;
- soit répondre à des questions banales en cherchant la réponse sur internet.
À l’issue de six semaines de ce régime, les trois groupe avaient augmenté leurs scores cognitifs de façon similaire.
Outre l’absence de résultat probant, la question que posent ces jeux est celle de la transférabilité des apprentissages qu’ils transmettent. Il suffit de s’entraîner à une tâche pour devenir plsu performant dans celle-ci. Pour autant, ce n’est pas parce qu’on augmente son score au jeu, par exemple en cliquant plus rapidement sur une cible, que cela va modifier automatiquement nos performances cognitives dans la vie courante.
Trois pistes sérieuses, mais encore préliminaires, émergent :
- l’entraînement de la mémoire de travail, notamment chez les sujets souffrant d’un déficit de l’attention ;
- l’entraînement de l’attention et des fonctions exécutives ;
- de simples jeux vidéo d’action auraient pour effet une amélioration durable et généralisable sur la cognition spaciale.
10. « Il est possible d’apprendre en dormant »
La croyance erronée selon laquelle il serait possible d’apprendre en dormant n’est pas nouvelle. Des chercheurs de l’ancienne Union soviétique s’étaient penchés sur cette question dans les années 1950-1960. Certaines de leurs études prétendaient obtenir des résultats positifs mais présentaient de gros défauts méthodologiques. Cela explique pourquoi les scientifiques des pays occidentaux n’ont jamais pu reproduire les effets allégués.
Pour apprendre, il faut être éveillé car des efforts conscients sont nécessaires. Si le sommeil ne permet pas de faire de nouveaux apprentissages, il joue cependant un rôle considérable dans le développement et le fonctionnement du cerveau. Il permet notamment de consolider les apprentissages que l’on a fait en période d’éveil.